CARRIèRE DE BOIS BLANC: LA RéGION USE à NOUVEAU DU « 49.3 PéI »

thumbnail
09/03/2017 05:25

Commission permanente du Mardi 7 Mars 2017

A l'ordre du jour de la Commission permanente une demande de la Région Réunion au Préfet pour enclencher une procédure de PIG (Projet d'Intérêt Général) sur le projet de carrière à Bois Blanc.

Après avoir fait la même demande en 2014 pour le premier projet de la SCPR, la Région réitère donc sa demande de PIC, un « 49.3 péi » pour que le Préfet impose à la commune de Saint-Leu l'inscription de la carrière dans son PLU.

Après avoir rappelé ces éléments, Karine Nabénésa a demandé à l'ensemble des élus de s'opposer à « en leur âme et conscience », à ce rapport.


Risques juridiques


Elle a expliqué aux élus les risques encourus : les grandes incertitudes sur l'approvisionnement en roches massives étaient connues au moment de la signature du marché de la NRL. Les élus de la Commission d'Appel d'Offres au moment de l'attribution du marché de la NRL ont malgré tout choisi un groupement qui assurait pouvoir fournir localement le chantier en matériaux. Comme il paraît évident que depuis ce jour la Région allait aider l'attributaire du marché à se fournir en matériaux.


Aujourd'hui, la Région use effectivement de tous les moyens possibles pour les aider à tenir leurs engagements alors que juridiquement, ce n'est plus son affaire.


Karine Nabénésa s'est alors exprimée : « en votant cette délibération, vous vous rendez complice de ce que vos collègues ont fait en Commission d'Appels d'Offres lors de la précédente mandature, vous risquez d'être entendus par le Parquet National Financier ». 


Incertitudes la qualité des roches 


La Région persiste dans le fait que le site de Bois Blanc disposerait de roches massives. Or, le rapport de la SCPR et les études menées expliquent clairement que si roches massives il y a, elles se trouvent à 40m de profondeur et leur qualité, d'après les sondages réalisées laissent largement à désirer.


Karine Nabénésa a rappelé que sur la carrière de Dioré, les études menées et l'autorisation du Préfet fournissaient davantage d'éléments qui laissaient à penser qu'effectivement, le site aurait pu fournir la roche massive nécessaire au chantier. Sauf que la Région indique aujourd'hui qu'il n'y a finalement pas de roches massives sur ce site.


Un PIG a été visiblement pris inutilement pour Dioré, la Préfecture s'est apparemment trompée, pourquoi ne serait-ce pas le cas pour Bois Blanc ?

Karine Nabénésa a demandé à la Région ce qui garantit aujourd'hui que les roches de Bois Blanc existent et soient les bonnes. En somme, elle a questionné : « Qui sont vos experts qui peuvent garantir la qualité et la quantité de la roche à Bois Blanc ? ».


 Confusions sur la quantité de roches nécessaires au chantier 


Pour justifier une demande de PIG, la Région dans son rapport annonce un besoin en enrochements de 6 millions de tonnes alors que les constructeurs par voie de presse ont clairement indiqué qu'il manquait 3,7 millions de tonnes.


Comme la quantité de roches massives disponibles à La Réunion, le flou se maintient sur la quantité de roches nécessaires à la poursuite du chantier de la NRL. 


 Une demande de PIG validée par 4 élus présents


Suite aux interventions de Karine Nabénésa qui a aussi interpellé Jean Paul Virapoullé sur le devenir de la carrière de Dioré, ce dernier a indiqué sans explication qu'il ne prenait pas part au vote de cette demande de PIG.


Ont finalement voté pour les quatre élus présents : Didier Robert, Jean Louis Lagourgues, Bernard Picardo et Ibrahim Patel.


L'opposition dans son ensemble s'est opposée à cette demande de PIG. 


Suspension de la subvention à la Réserve Marine : face au mépris de la Région, les élus de l'opposition quittent la séance


La Commission permanente était appelée à se positionner sur une suspension des financements de la Région à la Réserve Marine.

Avant la présentation du rapport, Karine Nabénésa a indiqué : « le règlement intérieur de la collectivité ne vous autorise à passer ce dossier ce matin ». En effet, l'Article 18 du Chapitre 4 indique clairement : « Sauf en cas d'urgence (un jour franc), l'ordre du jour et les rapports sont expédiés aux membres de la commission permanente huit jours au moins avant la date fixée pour la réunion sous quelque forme que se soit. »


Ce rapport a été ajouté au dernier moment à l'ordre du jour de la Commission permanente puisque transmis lundi 6 Mars dans l'après-midi, hors du délai minimum d'un jour franc applicable aux affaires urgentes.


La responsable du groupe LPA a indiqué que sur un dossier aussi sensible, les élus ne pouvaient pas délibérer valablement en si peu de temps et que l'attitude de la Région est symptomatique du peu de considération que la collectivité accorde à des sujets importants mais aussi au respect de la démocratie.


Le Président de Région a refusé de reporter l'examen de ce dossier arrivé hors délai. Face à ce mépris, tous les élus de l'opposition ont quitté la séance.


Nouveau commentaire